Passerelle n° 104 (Extrait)

Témoignage de Sesili, jeune Géorgienne Orthodoxe au cours de la messe des migrants le 14 janvier à Saint Julien/Tournon

Je m’appelle Sesili, je suis née en Géorgie, une ancienne république soviétique située dans le Caucase à plus de 3000 km d’ici. Mon mari s’appelle Michaël et de notre union est née une petite fille : Izabela, âgée de 12 ans et élève au collège Notre Dame. Il y a quelques années, nous avons dû fuir la Géorgie. Lorsqu’on m’a demandé de témoigner dans cette église pour la journée des migrants, j’ai tout de suite accepté avec joie.

Je voudrais avant tout témoigner de ma foi. C’est elle qui nous a permis d’affronter toutes les épreuves que nous avons rencontrées. Il y a des pays comme la Géorgie qui ont été privés pendant des années du droit de prier.

Je suis vraiment heureuse d’être là et d’être accueillie par cette belle communauté chrétienne. Je voudrais d’ailleurs remercier tous ceux qui nous ont aidés, réconfortés et encouragés. Je pense à toutes les association qui nous apportent leur soutien. C’est un bonheur pour moi de pouvoir mettre des mots en français sur ce que je ressens. Quand je suis arrivée, j’ai connu ce que vous appelez « la barrière de la langue ». C’est une des plus grandes difficultés que j’ai eu à affronter : ne pas pouvoir exprimer qui j’étais. C’est une grande souffrance, vous savez ! Aujourd’hui grâce à l’aide des bénévoles j’ai appris le français, maintenant je reprends la parole et je retrouve ma dignité.

Depuis plusieurs années j’aide les bénévoles du Secours catholique. Au cours de la messe du 1er octobre, j’ai entendu l’appel du père Frédéric pour visiter les malades et depuis 3 mois, chaque semaine, je fais des visites aux personnes âgées à l’hôpital. C’est important pour moi d’aller vers les malades, de les voir et de partager leurs difficultés en les écoutant et en les réconfortant.

Aujourd’hui ma famille a la chance de vivre dans un pays libre et sûr avec des valeurs qu’elle respecte et partage.

Mon rêve pour demain c’est de continuer à voir ma fille s’épanouir dans ce pays qu’elle aime et où elle souhaite faire sa vie. Son cœur d’enfant garde le souvenir de son histoire familiale, mais c’est ici qu’elle se sent chez elle.

Pour finir, je voudrais vous demander quelque chose :

Priez pour nous les migrants qui avons dû tout quitter : des parents, des frères, des sœurs, notre maison, ces paysages où nous avons grandi. Notre cœur s’est brisé le jour où nous avons quitté cette vie-là. Là-bas, ils ont appris à vivre sans nous. Ici, nous avons appris à vivre sans eux, grâce à vous !

Priez pour que nous sortions de la précarité et de la clandestinité.

Priez parce que la prière, elle, ne connaît pas de frontières et qu’elle n’a qu’un seul territoire : celui du cœur.

Priez pour que ma famille puisse montrer tout ce qu’elle sait faire et tout ce qu’elle a à apporter à la communauté. Merci !

Le pasteur François Clavairoly président de la Fédération Protestante de France, place les projets d’actions en 2018, sous la thématique de la persévérance, en se fondant sur l’épître aux Hébreux :

« Persévérez dans l’amour fraternel. » <ul

      • persévérer dans la recherche de l’amour fraternel,
      • dans la consolidation du lien fédératif,
      • du plaidoyer pour l’accueil des migrants,
      • dans la poursuite du dialogue interreligieux. Il nous faudra encore du souffle pour fêter quelques anniversaires !

        – Pour commémorer les 50 ans de la mort de Martin Luther King.

        – Pour poursuivre nos missions à l’étranger, avec, entre autre la reconstruction du temple protestant de Beyrouth.

        – Pour célébrer, les 200 ans de l’arrivée de la Bible à Madagascar.

        – Pour célébrer l’anniversaire de la création du Conseil œcuménique des Églises, qui sera l’occasion de réaffirmer les liens qui nous unissent à nos frères et sœurs catholiques.

        En mars, un colloque réunira, à la FPF, rabbins et pasteurs pour redire ce qui nous unit. Nous savons tous, hélas, que l’antisémitisme n’a pas disparu dans notre pays…

        Du 28 au 31 octobre 2018, se tiendra à Lyon le Forum chrétien mondial francophone (300 délégués de toutes les Églises).

        En 2018, la FPF aura à donner son point de vue, ou à témoigner de la diversité des réflexions protestantes à propos de :

        – La révision de la loi de bioéthique.

        – L’organisation du référendum sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie où les protestants ont joué un rôle dans l’accord de Nouméa. Nous continuerons à nous interroger et nous exprimer sur cet enjeu démocratique et complexe.

        – Nous réfléchirons sur la question de l’égalité hommes-femmes.

        Enfin, il existe désormais une marque solidaire propre au protestantisme. Sous l’égide de la Fondation du protestantisme, « Solidarité protestante », est une plate-forme qui regroupe la FPF, la FEP, le SEL, le Défap-service de mission, Medair, Adra. Ensemble, ces fédérations et ONG peuvent agir en cas de catastrophes naturelles ou de guerres. Elles permettent au protestantisme d’être solidaire et réactif. La marque « Solidarité protestante » doit être amenée à se développer et à accroître sa visibilité.

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